Ce soir, je veux écrire sur eux. Non. Sur Eux. Avec une Majuscule, comme à un nom propre, oui. Parce qu'ils le méritent bien. Je crois bien que le 24.10.09 a été le plus beau jour de ma vie..
Durant toute mon enfance, et mon adolescence par la suite, je n'ai toujours été obsédé que par une seule idée: La Perfection. La Perfection au sens humain, je parle. J'avais appris petit à petit à réduire cette obsession, à la faire passer en second. Durant un temps, elle avait été trop forte, et mes relations sociales en avaient énormément souffert. Mais j'avais appris à passer outre, et à faire fis des défauts d'autrui. Cependant, ce fameux Samedi Vingt-Quatre Octobre Deux Mille Neuf, j'ai touché la perfection du doigt. Les avoir vu sur scène, avoir chanter avec Eux, avoir été dans la même transe qu'Eux, à seulement quelques mètres, fut un véritable rêve éveillé. Un appel à la luxure artistique, à la tentation musicale. Une véritable jouissance de sons et de couleurs. Oui, ça peut paraître groupie. Sûrement, même. Cependant, il n'y a rien de plus vrai dans ce foutu monde de mensonges et d'illusions que ce que je dis. Ils sont la Perfection. Ma Perfection. Durant deux années, je les ai un peu repoussé, c'est vrai. Parce que je ne me sentais pas prêt. Pas prêt à les accepter totalement, à sentir la puissance magnétique derrière ce nom. Cinema Bizarre. A présent, je peux dire que je suis prêt. J'ai embrassé cette puissance, cette déclinaison de l'esprit humain, cette douce décadence avec d'autant plus de joie que j'avais mis longtemps à savourer la tentation. Je me suis laissé sombrer dans leur univers. Bien plus que je ne l'étais déjà. Le monde autour de moi est devenu gris. Les gens ont perdu de leur couleur, de leur intérêt. Ce besoin de perfection se fait plus impérieux à chaque seconde loin d'Eux. Mais la Perfection est partie avec la fin de cette nuit torride. Et quand je vois les gens qui m'entourent, je ne peux m'empêcher de voir leurs défauts. Combien ils ne sont pas Eux. Les Cinema Bizarre. Alors mon intérêt pour cette vie diminue de jour en jour. Parce que je ne désire qu'Eux.
Ils ont toujours été là pour moi. Août Deux Mille Huit. Heavensent dans les oreilles, seul à courir sur les routes désertes. Décembre Deux Mille Huit. It's Over à fond dans la chambre. Les larmes sur mes joues, dans mon coeur, et la voix de Strify pour m'apaiser. Et même à présent. Je Ne Regrette Rien dans le coeur. Ils comblent un manque, un vide. Deux manques, deux vides pour être précis, mais le second est éphémère, je le sais, alors que le premier restera éternellement là. Un peu comme la nourriture, à sa manière. Sauf que j'essaye de diminuer ma consommation de nourriture. Avant de devenir obèse, ou de finir à l'hôpital. En revanche, eux, ils resteront éternellement là. A l'instar du vide en question. Ils ont été là durant cette horrible semaine où j'ai sombré, où j'ai repoussé tout le monde. Shina, Keiko, Jaden. Aucun d'eux ne pouvaient m'aider. Il n'y avait qu'Eux. Eux, et leur magie. Leur passion. Ils ont remplis ce vide en moi de leur musique, de leur art, bien plus sûrement que n'importe quelle tonne de nourriture, bien plus sûrement que n'importe quelle étreinte. Et quand j'ai levé le regard vers le ciel nuageux, tout à l'heure, Hypnotized by Jane dans les oreilles et mon être tout entier tourné vers Eux, vers mes souvenirs et notre futur commun; lorsque mes yeux ont rencontré cette étendue d'encre noire couverte de nuages, un souffle de vent à éloigner l'un d'entre eux, dévoilant une étoile bien plus brillante que les autres. L'étoile du Berger.
A présent, je voudrais parler de Lui*. Lui*, c'est Yu. Leur guitariste. Oui, ça va faire groupie. Mais cela fait deux ans que je l'admire en silence, dans le secret de mon coeur. Pour ne pas l'avouer à voix haute, pour garder un peu de magie à cette attraction. Bien plus que de l'attirance, c'est une véritable attraction qu'il exerce sur moi. Non, je ne voudrais pas me marier avec lui ou je ne sais quelle autre connerie encore. Je l'admire juste de toute mon âme. Tout comme Luminor. C'est en partie grâce à lui que je me suis mis à la guitare, et que j'ai continué à en jouer. J'ai évolué en même temps que lui, souffrant quand il tombait, riant quand il était heureux. C'est ainsi. C'est un amour trop compliqué pour être expliqué, un amour qui ne sera jamais réciproque, mais un amour qui me remplit bien plus de bonheur que vous ne le ressentirez jamais. Un amour qui me prouve que je suis encore vivant, qui me donne envie de le protéger, d'être plus fort, pour lui, pour qu'il puisse continuer à être heureux. Et que je puisse continuer à l'observer en silence. Dans l'ombre. Et savourer simplement ce magnétisme envoûtant qu'il dégage sur scène lorsqu'il joue. Lorsque, les yeux fermés, tout son être se courbe vers son instrument comme si celui-ci voulait l'avaler, comme s'il ne voulait plus faire qu'un avec lui. Et je ne serais pas surpris si c'était le cas.
Ils sont ma seule Perfection.